Pourquoi la situation en Martinique s'aggrave
Alors qu'en Guadeloupe, les pourparlers avec le collectif LKP patinent, la tension monte en Martinique où les négociations sont au point mort. Retour sur la mobilisation.
Quelle est la situation actuelle?
La Martinique a connu sa première nuit de violence au 19ème jour d'une grève générale qui paralyse l'île. Des voitures ont été brulées dans la nuit de mardi à mercredi. Le porte-parole du "collectif du 5 février" à l'origine du mouvement, Michel Monrose a appelé hier à un "durcissement des actions", déçu par les propositions issues des négociations à la préfecture de Fort de France.
Qui mène le mouvement?
"Le collectif du 5 février contre la vie chère et pour l'emploi." En réaction au mouvement initié par le LKP guadeloupéen, douze organisations syndicales martiniquaises appelant à la grève générale, réunissent 20 000 personnes dans les rues de Fort de France le 5 février dernier. Au soir de cette première journée de mobilisations, les organisations syndicales se constituent en un "collectif" qu'intègrent d'autres syndicats et des associations. A sa tête Michel Monrose, du syndicat l'UNSA.
Quelles sont leurs revendications?
Une baisse de 30% sur les produits de première nécessité, une augmentation des bas salaires de 354 euros net, le blocage du montant des loyers et une baisse du tarif de l'électricité, de l'eau et de la téléphonie.
Que s'est-il passé jusqu'à cette première nuit de violences?
5 février: 15 000 à 20 000 manifestants se rassemblent à Fort-de-France contre la vie chère et pour une grève générale. Des pompistes dressent des barricades devant les stations-services.
6 février: début des négociations entre l'Etat, les élus locaux, le patronat et le "collectif du 5 février" qui mène la grève générale.
9 février: Le "collectif du 5 février", qui rassemble une dizaine de syndicats et d'associations, doit être reçu à 15 heures (20h00 à Paris) par le préfet Ange Mancini et les présidents des conseils général Claude Lise, et régional Alfred Marie-Jeanne. 10 000 personnes défilent dans les rues.
11 février: Les syndicats martiniquais ont obtenu une baisse de 20% sur 100 produits de première nécessité mais appellent à la poursuite du mouvement pour parvenir à une augmentation des salaires.
12 février: Les trois compagnies de distribution ont proposé 20 mètres cubes d'eau gratuites (sur une moyenne annuelle de 120) pour les familles les plus défavorisées. Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre mer arrive à Fort-de-France et se dit " à l'écoute " de l'intersyndicale. Il met 39 propositions sur la table, une baisse "immédiate" des prix du carburant de 8 centimes pour l'essence et de 10 centimes pour le gasoil, le versement d'une prime exceptionnelle de 200 euros "dès le mois d'avril" aux 50 000 foyers martiniquais aux plus bas revenus, soit une enveloppe de 10 millions d'euros.
14 février: le collectif quitte les négociations dans l'attente d'un geste de la grande distribution.
19 février: Sommet social organisé par le président Nicolas Sarkozy qui annonce un effort supplémentaire de l'Etat au profit des quatre DOM de 580 millions d'euros (dont 280 au titre du RSA en 2010).
23 février : 5000 personnes défilent dans les rues de Fort de France, la grève continue.